L’INVESTISSEMENT SOCIALEMENT RESPONSABLE, ARME CONTRE LE POPULISME ?

Le populisme amène soit à des régimes autoritaires soit à des clowns au pouvoir. Le Brésil a les deux.

Quelle est l’idée qui court et qui fonde le populisme ? Il s’agit de la conviction que le vote majoritaire serait le seul  fondement de la démocratie. Les majoritaires, c’est-à-dire le peuple,  auraient toujours raison. Les opinions différentes de celle de la majorité sont écartées, voireopprimées. C’est sur cette idée que s’appuientOrban, Erdogan, Kaczynski,Trump, Bolsonaro, Salvini. Cette conception de la démocratie réduit les contre- pouvoirs de la justice, qui doit être aux ordres du politique, des médias, qui doivent diffuser la pensée officielle, des parlementaires et des collectivités locales, qui doivent se plier devant les décisions du pouvoir exécutif et de la culture qui doit exprimer la tradition et non la création. Bien évidemment, la démocratie subsiste, mais elle est revendiquée illibérale par opposition à la démocratie libérale qui protège les droits des minoritaires et des minorités avec l’équilibre des contrepouvoirs.

Comment l’Europe occidentale peut-elle tomber dans la tentation du populisme ? Le sentiment de la perte de la maîtrise d’un destin collectif est certainement un élément explicatif. La croyance se développe  dans un homme fort pour résoudre les problèmes qui ne sont plus à la portée de chacun : le chômage de masse et l’absence de perspectives d’évolutions salariales et sociales fondent des peurs qui incitent à se replier sur un passé idéalisé et à désigner des boucs émissaires. La question écologique majeure devient alors une question accessoire. L’esprit d’entreprise qui permet à beaucoup de se réaliser est étouffé par la peur du lendemain.

Le vendredi 5 octobre, l’assemblée nationale a voté l’article 61 de la loi Pacte (plan d’action pour la  croissance et la transformation des entreprises). Jusqu’à ce jour, les sociétés commerciales avaient pour but la recherche et le partage de bénéfices. Désormais, le profit, contrainte vitale, n’est plus la seule finalité de l’entreprise. « Celle-cidoit être gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité. »  Cet article instaure une rupture profonde. C’est la reconnaissance que les finalités sociales et environnementales doivent être partagées par les  entreprises.

Une convergence se dessine entre la finalité de l’entreprise et les critères de l’investissement socialement responsable. Lorsque celui-ci demande des justifications aux salaires des PDG français payés en moyenne 110 fois plus que les travailleurs non qualifiés, lorsqu’il fait pression sur les assureurs et les banques pour sortir de l’énergie carbonée, lorsqu’il investit dans des entreprises à forte utilité sociale ( investissement solidaire), lorsqu’il soutient des entreprises qui créent des emplois en maitrisant leur impact sur l’environnement, il y a là un chemin pour reprendre en main notre destin collectif. L’ISR pourrait être  une arme contre le populisme en donnant à chacun des moyens d’agir. Il serait donc aussi un  projet politique.

Mais ce projet est inachevé, car il n’est pas encore une expression de la société civile, aux côtés des syndicats, ONG et associations de consommateurs.  A ce jour, il n’implique pas collectivement les épargnants dans une discussion sur les choix d’investissement de leur épargne. A quels investissements devons-nous donner la priorité : l’environnement, la bonne gestion sociale, la croissance économique ? Les citoyens avec leur épargne doivent pouvoir participer démocratiquement à cette discussion pour ne pas rester passifs avec le sentiment que le monde leur échappe. La tentation de se réfugier dans l’illusion d’un homme fort qui saurait prendre le monde à bras le corps serait certainement moins forte.

Parce que l’ISR est aussi un projet politique, ReseauCEP  est  un espace de discussion sur les finalités de votre épargne.

Parce que l’ISR est aussi un projet politique, ReseauCEP a créé un fonds commun de placement, Ecofi[1]CEP engagements communs, qui est géré sur le principe du vote « un homme, une voix ». Vous  déterminez démocratiquement les priorités de la politique d’investissement entre l’environnement, la bonne gestion sociale et la croissance économie.

Ce fond est accessible dans le  contrat d’assurance vie de Solid’R vie de l’association d’épargnants ASAC Fapes dans lequel vous pouvez investir une partie de votre épargne. Pour en savoir plus

Vous pouvez aussi adhérer  pour 3.50€ sur notre site et soutenir notre engagement pour une prise en main collective de notre destin par une finance utile et lutter contre la tentation populiste.

 

[1]Ecofi, société de gestion d’actifs du crédit coopératif spécialisée en ISR.