Pour que certains économistes ne réchauffent plus la planète…

Tous les économistes ne réchauffent pas la planète, pas plus que tous les poissons ne sont des poissons chats.

La diversité des approches est si grande et les désaccords si profonds qu’il n’y a pas grand-chose en commun entre les théoriciens modélisateurs et les chercheurs spécialisés dans un secteur.

Il y a pourtant un discours économique issu de la vulgate néoclassique, cette sagesse conventionnelle des économistes qui nous éclaire sur l’impact de l’économie sur l’environnement.  Ce discours repose sur la théorie du marché pur et parfait. Le marché s’auto-régule pour revenir à l’équilibre autour du prix. De ce point de vue, le réchauffement climatique est  le résultat d’un dysfonctionnement du marché. Il suffirait de mettre en place un marché carbone efficient pour que le réchauffement climatique soit maitrisé. C’est une histoire de rapport coût/bénéfice. Donc tant que le réchauffement est peu coûteux, il est peu considéré. Dans ce cadre, certains économistes font apparaitre que le réchauffement climatique, appréhendé selon cette approche coûts /bénéfices commence à être coûteux à partir + 6.2°C.  A cette température, la quasi-totalité de la faune et de la flore de la planète aurait disparu.

Le raisonnement fondé sur l’équilibre virtuel du rapport coût/bénéfice aurait ici  tué la vie.

Pourtant, il existe une alternative à cet enfermement de l’esprit dans le virtuel. Elle consiste à réintroduire les acteurs dans la conduite du réel, plutôt que de les enfermer dans un paradigme de la pensée. Les acteurs ce sont les citoyens car, il y a un lien à ne pas rompre : celui qui existe entre les hommes, l’environnement, la finance et l’économie.  La finance et l’économie ne sont pas autonomes. Elles sont au service de l’homme et doivent aussi préserver l’environnement.

Dans ce lien, la place de la finance est déterminante car c’est elle qui oriente une partie importante des flux financiers vers l’économie réelle. Or l’orientation des flux financiers est le résultat des buts que la finance poursuit. Ceux-ci peuvent diverger et être de différentes natures : une maximisation du profit à court terme pour  satisfaire la stratégie de quelques puissants acteurs ou bien la recherche d’une rentabilité à moyen long terme au service de la  société toute entière.

Si la finance poursuit un but au service de la société toute entière, les organismes qui placent collectivement l’épargne des citoyens ont dans ce cas un rôle essentiel à jouer par les choix d’investissement qu’ils opèrent. Ils peuvent influer fortement sur la structuration de l’économie, la préservation de l’environnement, la bonne gestion sociale et la croissance économique.  Nous retrouvons dans ce rôle une fonction de corps intermédiaire (syndicats, associations consuméristes, partis politiques, sociétés de pensée ou confessionnelles) entre les citoyens, l’état et le marché. Ils permettent aux  citoyens,  individus isolés et dépourvus de moyens d’action, mais sujets aux influences des forces du marché et de la consommation de retrouver une capacité d’action collective.   Mais, pour  remplir leur fonction de corps intermédiaire au service des citoyens,   il faut que ces organismes de placement collectifs de valeurs mobilières (OPCVM) portent une vision du monde et un discours plus large que le simple discours financier.  Cette vision du monde et ce  discours doivent avoir pour objectif politique de rééquilibrer les forces entres les intérêts des citoyens et la stratégie des   grands acteurs financiers. 

Ils devraient donner une âme à votre argent…