Consommer Bio, est-ce suffisant ?

Une incroyable vidéo circule sur Internet.
Deux étudiants farceurs se sont rendus dans un grand salon professionnel consacré à l’alimentation bio.
Ils ont fait déguster aux experts des nuggets, des hamburgers, des croquettes de poisson et des salades, en racontant qu’il s’agissait d’une « réinterprétation des classiques McDonald’s avec des produits frais, biologiques, de fabrication artisanale », etc.

Résultat : une avalanche de compliments et un enthousiasme débordant.

Pire encore, des professionnels de la gastronomie, du goût, des textures, goûtent leurs produits et déclarent qu’ils ont une complexité exceptionnelle de saveurs, que les tomates sont incroyablement sucrées, que la viande est juteuse et parfaitement cuite, etc.

Problème : il s’agissait de simples produits McDonald’s, achetés quelques minutes plus tôt au McDrive du coin !

Nos deux étudiants avaient rempli leurs sacs de sport de menus Big Mac et autres. Puis, ils les avaient savamment découpés, arrangés sur des plateaux, piqués dans des cure-dents (comme dans les dégustations).

Il y a-t-il un enseignement à tirer de cette farce ? : d’une part, bien sûr, que Mc Do n’a jamais prétendu vendre des produits bio, mais des produits conformes aux normes agro- alimentaires et sanitaires. Mc Donald ne peut prendre aucun risque avec la santé de ses clients, seule la malbouffe les menace ! L’autre enseignement est que cette vidéo est une saine piqûre pour rappeler que manger biologique est d’abord un moyen de protéger l’environnement, même si on se fait aussi du bien.

Le bio, c’est d’abord un cadeau pour l’environnement

Pourquoi « d’abord un cadeau pour l’environnement » ?
Parce que si, par ailleurs, nous faisons des choix qui abîment inutilement l’environnement, tous nos achats de nourriture bio ne compenseront pas tout le tort que nous aurons fait à la nature.

Ainsi, par exemple :

  • lorsque nous prenons l’avion pour partir en vacances à des milliers de kilomètres, alors qu’il nous reste tant de choses tout aussi intéressantes à découvrir dans notre propre région ;
  • lorsque nous augmentons notre chauffage de 2 ou 3 °C, alors qu’il suffirait d’ajouter des sous-vêtements chauds, un pull, des pantoufles confortables et, éventuellement, un bonnet sur la tête (oui, je sais, ça paraît ridicule, mais nous perdons 30 % de notre chaleur par la tête ! C’est pourquoi tout le monde portait des chapeaux autrefois, et des bonnets de nuit ; cela faisait moins d’émissions de CO2 que le chauffage central) ;
  • lorsque nous faisons carboniser notre nourriture, détruisant ainsi sa qualité nutritive et produisant des émanations toxiques, alors qu’elle aurait été meilleure au goût et meilleure pour la santé crue ou cuite à basse température ;
  • lorsque nous optons une nouvelle fois pour une pièce de bœuf, plutôt que pour une bonne soupe de légumes et d’herbes sauvages, un bon plat de lentilles, de choux marinés, de poireau-vinaigrette à l’huile d’olive, ou une robuste tourte aux blettes, qui nous auraient bien plus fait plaisir et changés du quotidien ;
  • lorsque nous allumons notre moteur diesel pour faire un kilomètre alors qu’il fait beau temps et qu’une promenade à pied nous aurait fait tant de bien, qu’elle nous aurait donné l’occasion d’observer tant de choses en chemin, et peut-être permis de faire des rencontres…

Nous faisons évidemment un tort bien plus grand à la planète que ce que nous croyons compenser en achetant quelques amandes bio.

Manger bio ne doit pas être un prétexte

Tout cela pour dire que manger bio ne doit jamais nous servir de prétexte pour faire les mauvais choix dans les autres domaines. L’un ne compensera jamais l’autre.
La bonne conscience ne s’achète pas si facilement.

Les personnes qui s’efforcent de vivre sobrement, d’éviter les déplacements inutiles et les gaspillages en tout genre, n’ont de leçon à recevoir de personne, même si leurs moyens financiers ne leur permettent pas par ailleurs de manger bio.
Si ça se trouve, avec leur petit budget, elles contribuent bien plus à la sauvegarde de la planète que quelqu’un qui achète tout bio mais circule dans tous les sens et consomme à tout-va.
Surtout si les produits « bio » qu’il mange arrivent par avion d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique, de Roumanie ou d’Espagne, principaux fournisseurs de denrées bio sur le sol français !

 

D’après La Lettre Santé Nature Innovation de Jean-Marc Dupuis .
Cette lettre est un service d’information gratuit sur la santé, la nutrition et le bien-être.