Qui a le pouvoir ? Où sont les centres de décisions ?

En Chine et en Corée du Nord, c’est clair, le pouvoir, c’est le parti communiste. Les juristes, dans nos démocraties,  placent le pouvoir dans le droit. Pour beaucoup de nos concitoyens, il est dans les médias et les réseaux sociaux. Enfin, depuis  les années 80,  nous nous sommes désillusionnés sur la puissance du pouvoir politique devant l’entêtement de la réalité.
Le numéro du 27 novembre d’AGEFI Hebdo  (p 51)  apporte un éclairage intéressant à cette question en établissant le classement des vingt premières sociétés de gestion d’actifs au monde.

Numéro 1 : Blackrock , USA.  Capitaux gérés : 4 324 08 000 000 $ soit 4 fois le budget de la France et 2 fois son PIB.

Numéro 2 : Vanguard group, USA. Capitaux gérés : 2 752 919 000 000 $

Numéro 3 : Allianz  investors, Allemagne. Capitaux gérés :   2 392 531 000 000 $

Numéro 8 : AXA Group,  France. Capitaux gérés : 1 532 156 000 $

Numéro 14 : Amundi (Crédit agricole et Société Générale), France. Capitaux gérés : 1 069 771 000 $

Numéro 19 : Natixis (Banque populaire, Caisse d’épargne et Crédit coopératif), France. Capitaux gérés : 867 193 000$

Plusieurs remarques s’imposent :

La puissance d’investissement et donc de transformation des conditions économiques, sociétales, sociales et environnementales de ces sociétés est au moins aussi importante que celle des états.
Elles sont certes très encadrées règlementairement mais ne rendent aucun compte aux citoyens sur la nature de leurs investissements, seulement à leurs actionnaires.
Leurs actionnaires sont très majoritairement des épargnants américains et européens rassemblés dans des véhicules d’investissements (Mutual funds, OPCVM) eux-mêmes gérés par ces sociétés.
Les actionnaires eux- mêmes ne peuvent exercer aucun contrôle selon le principe démocratique « un homme, une voix » sur la légitimité des choix d’investissements au regard de l’intérêt des hommes, de l’économie réelle et de la planète.
La finance alternative (monnaie locale, réseaux de financement solidaire…) est certes sympathique mais dérisoire.
L’investissement socialement responsable porté par ces sociétés n’a pas trouvé son chemin auprès des épargnants.
La puissance de lobbying de ces sociétés sur les instances législatives et règlementaires est telle, que seule une évolution du marché de l’épargne par une innovation répondant à la demande des épargnants de mieux contrôler l’utilisation qui est faite de leur épargne peut redonner aux citoyens le minimum de capacité de contrôle de l’évolution de leur environnement social, économique et écologique.
L’innovation sur le marché de l’épargne doit être une rupture avec le discours marketing dominant dans les banques et compagnies d’assurances qui drainent l’épargne. Il faut substituer à la belle histoire d’investissements (storry telling), racontée aux épargnants comme on vend un film ou un voyage, une démarche centrée sur les enjeux essentiels qui traversent notre société : le développement durable, la bonne gestion sociale et l’efficacité économique.
L’innovation sur le marché de l’épargne, c’est de bien séparer l’expertise complexe qui est la sélection des titres et la pondération entre les enjeux à moyen long terme de développement durable, de bonne gestion sociale et d’efficacité économique qui est une opinion. L’opinion s’exprime par un vote « un homme, une voix ».
L’innovation sur le marché de l’épargne en France,c’est la mise à disposition des épargnants par les grandes associations d’épargnants (Asac Fapes par exemple ) de la pratique démocratique, de l’investissement socialement responsable (ISR) et l’épargne collective ( OPCVM).
Lorsqu’une innovation est pertinente, c’est-à-dire en phase avec les attentes des consommateurs ou des épargnants, elle devient rapidement incontournable. Le réel est transformé. Les rapports de forces s’en trouvent modifiés de façon durable.
Le collectif pour une économie participative (CEP) est engagé dans cette innovation. Ne restez pas seuls et sans moyen d’action. Rejoignez CEP.